Richard Bona: « Je vais enregistrer un album gnaoua » (Interview)

Présent au Maroc pour le festival Jazzablanca, dans le cadre duquel il donnera un concert dimanche 17 avril, le chanteur, bassiste et compositeur Richard Bona a accordé une interview au HuffPost Maroc, où il livre des détails sur sa démarche musicale ainsi que ses prochains projets.

HuffPost Maroc: C'est votre première fois à Casablanca ?

Richard Bona: J'ai déjà joué au Maroc. Je me suis produit à Mawazine deux fois, j'ai été à Essaouira (pour le festival Gnaoua et musiques du monde, ndlr), mais c'est la première fois que je viens au Jazzablanca. Ceci dit, je suis souvent passé par Casablanca, mais... à l'aéroport.

Travaillez-vous sur de nouveaux projets ces temps-ci ?

J'ai un nouvel album qui sortira bientôt, et qui sera consacré aux musiques cubaines. J'ai commencé à travailler dessus deux ans auparavant, juste après la sortie de "Bonafield" (son dernier album, paru en 2013, ndlr). Ce nouvel album, qui s'intitulera "Héritage", sortira en juin, mais je travaille déjà sur l'album qui suivra, qui va être flamenco, musiques du Sud. Je ne suis pas encore en studio pour l'enregistrer, mais il se peut que je le sois vers la fin fin de l'année, et je travaille déjà sur de petites maquettes de l'album à venir.

Vous avez à maintes reprises collaboré avec Pat Metheny dans le passé. Il a participé à votre album "Reverence", tandis que vous avez collaboré avec lui pour "Speaking Of Now" et "The Way Up". Comptez-vous travailler ensemble sur d'autres projets dans l'avenir proche ?

Pas vraiment, non. J'aime aller vers des choses nouvelles, et ce que j'ai déjà fait, je ne le refais pas. C'est un peu mon état d'esprit, et c'est aussi pour cela que je ne serai jamais un bon membre de groupe : je ne peux pas rester dans un groupe durant 20 ans, comme le font d'autres musiciens. J'aime beaucoup le changement, j'aime faire face à de nouveaux challenges. Ceci dit, Pat Metheny est un excellent musicien.

On peut donc parler d'une démarche Bona, qui repose sur un renouvellement permanent de vox choix musicaux ?

Voilà. Je me considère comme un éternel étudiant de la musique, qui a besoin d'aller la chercher, la découvrir, et d'écouter de nouveaux sons. J'aime particulièrement ces moments de découverte. Je considère que ce sont des rites de passage.

Entre musique cubaine et flamenco, pour ne citer que vos deux projets les plus récents, comment s'opèrent ces choix musicaux? Se font-ils de manière fortuite, au gré des rencontres et des découvertes ?

J'ai déjà le projet sur lequel je travaillerai après l'album flamenco. Hier, je suis allé à la Fondation Hiba (qui comporte, entre autres, des studios d'enregistrement, et propose des résidences artistiques, ndlr), j'ai rencontré des musiciens, et ça a réactivé un vieux projet qui m'intéresse: un album gnaoua. L'idée m'est venue quand j'étais à Essaouira, et le problème qui s'était posé, c'est qu'il fallait enregistrer cet album ici, ce qui signifie qu'il fallait trouver un bon studio, héberger les musiciens, etc. Hier, en visitant la fondation, je me suis dit que je peux le faire. Et là, je pense que je travaillerai sur ce projet après l'album flamenco.

La musique gnaoua vous intéresse-t-elle spécifiquement en tant que bassiste ou, de manière générale, en tant qu'auteur-compositeur ?

Ce qui m'intéresse, comme dans toute musique, ce sont les mélodies et le mouvement de cette musique même. Comme j'ai dit précédemment, j'ai besoin d'apprendre. Je ne suis pas un musicien gnaoui, mais j'ai envie d'affronter cette musique, car pour apprendre, il faut affronter. Je ne vais donc pas rester à New-York, mais je vais aller au combat avec les gnaouas (rires). On va gâter le coin (formule d'argot ivoirien, signifiant mettre l'ambiance) ensemble, quoi.

Une dernière pour la route: en 1995, la France a refusé de prolonger votre titre de séjour, ce qui vous a contraint à quitter le territoire français. Vous êtes parti à New-York, où vous avez pu rencontrer nombre de musiciens connus, et travailler sur des projets musicaux d'envergure. Avec le recul, considérez-vous que votre départ de la France a été, au fond, positif ?

J'ai pris ça de manière positive, parce que c'est dans mon état d'esprit. Pour moi, c'était très simple: la France n'a pas voulu renouveler mon titre de séjour, donc il fallait partir ailleurs. ... suite de l'article sur HuffPost

 

© HuffPost

 

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