RCA : Le secrétaire général de l'ONU à Bangassou, sous la coupe des groupes armés

25 Oct 2017
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Ce mercredi 25 octobre, le secrétaire général des Nations unies s'est rendu à Bangassou dans le sud-est de la Centrafrique. Cette localité a été attaquée par un groupe anti-balaka au mois de mai dernier. Depuis, elle vit coupée en deux. Des milliers d'habitants ont fui vers la RDC toute proche. Les musulmans restés en ville sont cantonnés autour de la cathédrale, protégés par les casques bleus, mais menacés de mort s'ils quittent le site. Une situation qui dure depuis des mois et qui se tend chaque jour un peu plus.

Pour les habitants de Bangassou, la visite d'António Guterres nourrit un espoir de voir la situation se débloquer. Un des facteurs de tension entre habitants chrétiens et musulmans : l'absence d'école depuis cinq mois que le Petit séminaire abrite les déplacés musulmans.

« Nos enfants ne vont pas à l’école en ce moment et nous avons aussi les examens de fin d’année qui n’ont pas été organisés, rappelle le pasteur Fidèle Moupanda. Des gens sont dans la brousse ; d’autres sont en RDC, alors ça nous fait très mal. »

Le développement, c'est l'un des axes de cette visite d'António Guterres. A Bangassou comme dans d'autres villes de Centrafrique, c'est l'enclavement qui est la source de tous les maux, explique le doyen de la ville, Alphonse Mbombo. « Notre zone est purement enclavée, donc tout est bloqué à Bangassou, se désole-t-il. Un véhicule ne peut pas venir de Bangui à Bangassou avec toutes les barrières illicites sur la voie, c’est ce qui rend de plus en plus enclavée la zone de Bangassou. Bangassou est une zone qui a pourtant des atouts et des richesses. »

Mais l'immédiate préoccupation tant pour les habitants réfugiés en RDC que pour les déplacés du Petit séminaire, comme Al Hadj Abdoulaye, c'est le retour de la sécurité. « On est coincé, on ne peut pas circuler, on ne sait même pas quoi faire, explique-t-il. Même accéder au marché, c’est difficile. C’est pour ça qu’on a besoin de sécurité : pour pouvoir sortir, aller au marché et avoir de quoi vivre et manger. »

Il y a trois jours, une vingtaine de gendarmes centrafricains ainsi qu'un préfet ont été installés ici. Pour l'instant, on les regarde avec méfiance. « Instaurer la confiance prendra des mois », commente un général étranger.

Touadéra et Guterres en appellent à la communauté internationale

Avant de s'envoler pour Bangassou, le secrétaire général des Nations unies avait été reçu par le président Faustin-Archange Touadéra. En venant à Bangui, António Guterres a été accueilli en « grand ami de la Centrafrique », selon les termes du président Faustin-Archange Touadéra.

« La République centrafricaine se trouve à un tournant de son histoire et elle a besoin de la solidarité internationale. Je n’ai pas manqué de demander à nouveau le soutien de l’ONU et de toute la communauté internationale », a-t-il déclaré.

Le message d'António Guterres est aussi destiné à la communauté internationale, en particulier au Conseil de sécurité qui doit renouveler le mandat de la Minusca mi-novembre. Le Conseil de sécurité est prié de permettre l'envoi de 900 casques bleus supplémentaires et d'autoriser une exemption d'embargo sur les armes pour les militaires centrafricains.

« Je lance un appel à une solidarité active pour que la communauté internationale aide les Nations unies à renforcer la Minusca, notamment par une décision du Conseil de sécurité pour que les forces centrafricaines soient appuyées dans leur capacité à jouer un rôle positif dans la stabilité du pays. Et que cette solidarité internationale puisse permettre aussi à la Centrafrique de s’engager dans un processus de développement au bénéfice de tout son peuple. C’est aujourd’hui le moment pour la communauté internationale de s’engager parce que ça vaut la peine », a-t-il insisté.

Les deux hommes se revoient de nouveau ce jeudi pour évoquer notamment la question du DDR, en panne. ... Retrouver l'article sur RFI Afrique

 

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Last modified on jeudi, 26 octobre 2017 19:49
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