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Credit au secteur privé: la Banque mondiale et la Banque de France préoccupées

by Arnold Benge

La rentabilité des banques de la zone Cemac ne profite pas à tous les pans de l’économie. Selon une récente analyse de la Banque de France, malgré leur rentabilité, le volume des crédits demeure faible dans l’ensemble. Pire, il reste très peu orienté vers le secteur privé pour bien financer l’économie.

Dans leurs opérations de crédits, les banques ont toujours privilégié les États ou les agents économiques qui leur sont liés ainsi qu’aux crédits garantis par l’État. Selon la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac), cette stratégie est souvent amplifiée par le traitement préférentiel de ces actifs, dans le cadre des règles de supervision bancaire et par la présence de l’État au capital des banques locales.

Toujours dans ce procès fait aux banques, la Banque mondiale indique quant à elle qu’en 2018, le niveau du crédit au secteur privé en pourcentage du PIB dans l’ensemble reste bas. Il varie selon les pays de la sous-région. Il s’établit par exemple à 21,4 % au Congo?; 14,5 % au Cameroun?; 10,7 % en République centrafricaine et 9,8 % au Tchad. Des statistiques qui se révèlent bien en deçà de la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne qui s’établit à 28,7 %. Il en de même des pays asiatiques de niveau de développement équivalent ou le niveau du crédit peut atteindre jusqu’à 80 % (Népal) ou 85 % (Cambodge).

Pour la Banque mondiale, la faiblesse du crédit envers le secteur privé s’explique par plusieurs facteurs. Il s’agit d’abord de la forte exposition au risque souverain. Il en est de même de la faiblesse du marché interbancaire qui ne permet pas de transferts efficaces des banques excédentaires vers les banques déficitaires de trésorerie. Une situation qui traduit clairement l’excédent structurel de liquidité des banques sous régionales. Il témoigne des difficultés de l’offre à rencontrer la demande.

En dernière analyse, les banques de la Cemac sont également accusées de souvent user des stratégies de financement traditionnelles au lieu de nouvelles techniques financières, à l’instar de la syndication qui permettrait une meilleure diversification des risques et un renforcement de leur exposition au secteur privé.

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